Crédit Auto : Le financement à très long terme, une bonne option ?

Il ne faut jamais se fier aux apparences, dernier exemple en date, le financement des véhicules. Dans une conférence de presse donnée récemment, George Iny, président de l’APA, faisait savoir que celui-ci pourrait s’étaler maintenant sur 84 mois, 96 mois et même 108 mois. De quoi faire rêver certains consommateurs ! Mais y a-t-il vraiment une raison de le faire ? Acheter une voiture en payant à peine 60 dollars par mois pendant 7, 8, voire 9 ans… quelle aubaine ! On peut s’offrir à peu prêt n’importe quel modèle et être certain qu’on ne souffrira pas de lourdes traites mensuelles.

Il se pose juste un problème. Un véhicule n’est pas un bien immobilier. Au bout de quelques années – et bien avant d’avoir finir de payer les traites – on va se retrouver avec un « objet » amorti dont on voudra se débarrasser, et dont la valeur courante sera de loin plus basse que celle du montant de la dette à rembourser. Il existe une sortie plus ou moins honorable dans cette situation, bien que pas toujours légale, qui consiste à s’entendre avec son concessionnaire. En jonglant avec cette valeur négative lors du financement d’un nouveau véhicule, on peut effectivement s’en sortir, mais uniquement à court terme. En effet, en se livrant à cette pratique, on se retrouve perdu dans un cercle vicieux sans fin, car il va de soit que l’on prendra pour la nouvelle voiture un délai de paiement aussi long que l’ancien. Ce qui laisse supposer qu’avant d’avoir payé cette dette, on se retrouvera à nouveau à en contracter une autre pour un nouveau véhicule et en y accumulant les valeurs négatives non pas d’une, mais déjà de 2 voitures.

Il n’est pas surprenant que les professionnels du secteur prévoient, dès maintenant, une crise du secteur et de gros problèmes à venir. Certains spécialistes estiment que le marché, à la longue, va s’autoréguler, mais cet avis n’est pas partagé par tous. Le président de l’APA, par exemple, explique qu’il serait naïf de compter sur la bonne morale des commerçants. Ils ont beau comprendre tout le danger de la situation, ils ne bougeront guère à cause d’un autre facteur tout aussi important : la concurrence. Conserver une certaine éthique reviendra à envoyer sa clientèle chez un concurrent moins pointilleux. Voilà pourquoi il préconise de mettre le fusil sur la tempe à tous les acteurs du secteur. C’est le seul moyen de les forcer à rester vraiment professionnels.
Il ne reste plus qu’à espérer que cette situation malsaine s’achève au plus vite.

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